La Chlorophylle : c’est quoi au juste ?
La chlorophylle en biologie, c’est le nom qu’on donne aux pigments de couleur verte qui se trouve dans les chloroplastes, les cellules qui se développent dans les feuilles des végétaux qui permettent d’intercepter l’énergie solaire. C’est la première étape de la photosynthèse, processus par lequel les végétaux captent et transforment la lumière du soleil en énergie permettant ensuite leur croissance, leur floraison et leur fructification (cycles des plantes ou des arbres). En réalité, la chlorophylle fait référence à une famille de pigments de plantes.
On parle en biologie d’assimilation chlorophyllienne qui est l’assimilation active du dioxyde de carbone (CO2) par voie de la photosynthèse au moyen de la chlorophylle. C’est dire l’importance cruciale de cet élément dans la vie des végétaux.
La Chlorophylle ou le « sang » végétal
À titre de comparaison, on pourrait dire que la chlorophylle est aussi importante pour les végétaux que le sang l’est pour les animaux à sang chaud, dont nous les humains. Un végétal privé de la lumière du soleil cesse de produire la chlorophylle et donc cesse de réaliser la photosynthèse, c’est le ralentissement de sa croissance ou sa mort progressive. Un mammifère privé de soleil et d’aliments sains, en particulier de végétaux, ne connaitra pas un développement normal et aura un sang de mauvaise qualité. Les êtres humains et les autres animaux ne sont pas capables de synthétiser leur énergie à partir de la lumière du soleil, ils doivent donc consommer des végétaux qui savent eux réaliser cette opération, grâce entre autres à la chlorophylle.
On peut certes survivre sans manger de végétaux tous les jours, mais n’est-il pas plus intéressant de vivre en cultivant une grande santé plutôt qu’une petite santé ? N’est-il pas plus intéressant de prévenir les maladies en adoptant de bonnes habitudes alimentaires plutôt que de passer son temps à les guérir du fait de nos erreurs alimentaires ?
Revenons plutôt à notre parallèle entre la chlorophylle et le sang, voyons tout d’abord leur composition biochimique respective. L’hémoglobine qui correspond aux cellules pigmentaires de notre sang sert entre autres à transporter l’oxygène (O2) des poumons vers les autres parties du corps. La structure moléculaire de l’hémoglobine est très proche de celle de la chlorophylle, tous deux sont composés de carbone (C), d’hydrogène (H), d’azote (N) et d’oxygène (O).
La chlorophylle et l’hémoglobine sont tous deux des pigments naturels et des éléments indispensables pour les processus du vivant.
La principale différence entre ces deux types de cellules, c’est qu’on trouve la chlorophylle uniquement dans le règne végétal (plantes, algues et cyanobactéries) et c’est un pigment qui donne la couleur verte aux végétaux. Tandis qu’on trouve l’hémoglobine seulement dans le règne animal (chez les vertébrés) et c’est un pigment respiratoire qui donne la couleur rouge au sang.
L’autre différence entre ces deux éléments, c’est que la chlorophylle est dotée d’un ion central à partir duquel se forment les autres éléments qui est composé de magnésium (Mg), tandis que l’hémoglobine est dotée d’un ion central composé lui de fer (Fe).
Le rôle clé de la chlorophylle pour une bonne santé
Les effets positifs de la consommation de chlorophylle via les végétaux sont très nombreux et nos ancêtres n’ont pas attendu les résultats des études scientifiques pour en faire usage. Beaucoup de cultures de par le monde, surtout dans les régions à climat tempéré, consomment beaucoup de légumes verts et en particulier des feuilles vertes, au début du printemps, lorsque la nature en produit en abondance. Dans les pays tropicaux où les hivers sont moins rudes, on en consomme un peu plus toute l’année. Nos ancêtres connaissaient donc bien les vertus de la chlorophylle pour purifier, nettoyer et oxygéner le sang, après des hivers durant lesquelles la consommation de produits animaux étaient plus régulière et donc l’encrassement du corps plus important.
Depuis l’ère moderne, depuis que l’on est en mesure de prouver par la technique et la science le bien-fondé de ces pratiques ancestrales millénaires, de nombreuses études scientifiques se sont intéressées au sujet. On sait entre autres que la consommation de chlorophylle prévient les maladies inflammatoires chroniques comme l’arthrite (rôle anti-inflammatoire), permet une meilleure production de globules rouges, donc une meilleure oxygénation du sang et ce dû à la similitude entre la composition chimique entre la chlorophylle et l’hémoglobine. Des études récentes (en 2025, publiée dans Nutrients) ont également démontré que la consommation de chlorophylle permettait d’atténuer le pic de glucose après les repas (régulation de la glycémie post-prandiale) et la chlorophylle possède donc des propriétés anti-diabétiques. Pour finir, car le but n’est pas ici de faire une liste exhaustive des bienfaits de la chlorophylle, on sait que ces pigments ont une action anti-oxydante, c’est-à-dire qu’ils neutralisent les radicaux libres. Cette action protège les cellules contre les dommages oxydatifs impliqués dans le vieillissement prématuré, les maladies cardiovasculaires, les troubles neurodégénératifs et l’inflammation chronique.
La chlorophylle dans l’alimentation
Pour introduire la chlorophylle dans son alimentation, rien de plus facile, il vous suffit d’intégrer à vos menus quotidiens une petite partie de verdure, si possible pas trop cuite. Ces légumes verts seront autant que possible issus d’une agriculture biologique ou le plus naturel possible, respectant la saisonnalité et n’ayant pas parcouru beaucoup plus de 100 km pour arriver à vous. L’idéal étant de disposer d’un potager et de produire ses propres légumes bios et de pouvoir également y cueillir des plantes sauvages qui poussent toute l’année comme l’ortie, le pissenlit, le plantain, l’alliaire ou le lierre terrestre.
Parmi les légumes verts cultivés ou sauvages les plus communs voici quelques exemples :
- L’hiver : les choux (vert frisé, kale…), vert du poireau, les salades comme les scaroles et chicorées, la mâche, la roquette…
- Le printemps : les sommités de l’ortie, les feuilles de pissenlit, les feuilles de plantain, les jeunes pousses de grande berce, les feuilles d’ail des ours, le brocolis, le fenouil…
- L’été : les haricots verts, les blettes, les salades d’été comme les batavias ou les feuilles de chêne, les feuilles de choux perpétuels, le basilic, les feuilles de plantes sauvages estivales comme le pourpier, la galinsoga, l’ortie, le pissenlit, le cerfeuil…
- L’automne : toujours les blettes, les feuilles d’ortie et de pissenlit, les choux en tout genre, les fanes de navets, de radis ou de carottes, les salades de fin d’été comme les laitues sucrines ou les premières scaroles…
- Et puis il y a les plantes aromatiques qu’on trouve quasiment toute l’année comme le persil, la coriandre, le cerfeuil ou la ciboulette.
Vous l’aurez compris, le vert, ce n’est pas ce qui manque dans la nature ! De plus, dans nos climats tempérés où les hivers ne sont pas trop rudes, on trouvera aisément des légumes verts toute l’année.
Mais il est important pour bien profiter de la chlorophylle de savoir bien préparer les légumes. Pour cela, pas besoin d’être un⋅e grand⋅e cuisinier⋅ère, simplement de connaître quelques modes de cuisson et techniques culinaires de base.
Voici les modes de cuisson que je privilégie pour les légumes verts :
- À l’étouffée sans eau (ou nituké en japonais) pendant 15 minutes
- À la vapeur pendant 5 à 10 minutes selon le légume
- À l’eau bouillante salée pendant 2 à 5 minutes selon le légume
- Blanchi à l’eau salée pendant moins d’une minute
- Sauté au wok pendant 10 à 20 minutes selon le légume
Ou bien sans cuisson pour les salades ou lorsque je rajoute des herbes aromatiques fraîches à un plat, une soupe ou sur l’assiette en général. Il est fortement conseillé en macrobiotique de ne pas abuser des crudités, surtout en hiver, pour ne pas refroidir le système digestif et le corps en général. Dans ce cas, lors des saisons les plus froides, on peut opter pour des modes de cuisson comme le nituké (à l’étouffée) de courte durée pour les légumes verts les plus sensibles comme le brocolis ou la vapeur de temps à autre. On peut aussi rajouter des petites touches de persil haché, de coriandre ou de cerfeuil à nos soupes, ou quelques feuilles de mâches ou de salades à nos assiettes.
Conclusion
L’important n’est donc pas de manger de grandes quantités de feuilles vertes ou de légumes verts à chaque repas, mais régulièrement au cours de la semaine, au moins une fois par jour lorsque la saison le permet, en complément d’une céréale complète et éventuellement de légumineuses. Et même au creux de l’hiver, il y a toujours des légumes verts ou quelques plantes sauvages disponibles si vous avez la chance d’avoir un jardin ou de vivre à côté d’espaces où vous pouvez pratiquer la cueillette.
Les légumes en règle générale sont vraiment complémentaires à notre nature humaine, à notre nature d’animaux vertébrés à sang chaud, pour les raisons exposées auparavant dans cet article. Et ce car le pigment vert de la chlorophylle (Yin en terme macrobiotique) nous permet de fabriquer un sang rouge (Yang) correctement oxygéné et de bonne composition biochimique.
Alors, qu’attendez-vous pour vous mettre au vert ?

