Quelques notions utilisées à plusieurs reprises dans cet article :

  • Yang selon la macrobiotique = énergie de concentration, réchauffante, qui active.
  • Yin selon la macrobiotique = énergie de dispersion, refroidissante, qui détend.
  • MTC = Médecine traditionnelle chinoise

Les saisons et intersaisons selon le calendrier chinois

Les saisons dans le calendrier chinois sont les mêmes que dans le nôtre, c’est-à-dire, l’automne, l’hiver, le printemps et l’été. Mais celles-ci ne correspondent pas exactement aux mêmes périodes et entre chaque saison se trouve une intersaison, une période de transition entre deux saisons qui dure environ 18 jours.

Ainsi selon le calendrier chinois, pour l’année 2025-2026, l’hiver a commencé le 6 novembre 2025 et s’est terminé le 15 janvier 2026, suivit d’une période d’intersaison du 16 janvier au 3 février.

Le printemps quant à lui a débuté le 4 février et a duré jusqu’au 15 avril, suivit de la période d’intersaison du 16 avril au 4 mai.

L’été lui a débuté le 5 mai et s’est terminé le 18 juillet, suivit d’une intersaison du 19 juillet au 6 août.

Enfin l’automne a commencé le 7 août et s’est achevé le 20 octobre, suivit d’une intersaison du 21 octobre au 6 novembre.

Qu’est-ce que le calendrier chinois nous apprend par rapport au calendrier européen ?

Ce que nous apporte le calendrier chinois, c’est la compréhension énergétique de ce qui se joue à chaque saison. Si on le compare à notre calendrier, cela peut surprendre de voir que chaque saison commence un mois et demi avant les nôtres, mais cela s’explique par la dynamique, le mouvement que produit un changement de saison avant même que celui-ci ne soit tangible et observable dans la nature.

Ainsi, on peut être surpris de voir que le printemps chinois commence vers le 4 février alors qu’aucune feuille n’est apparue dans les arbres et que c’est un des mois les plus froids de l’année. Mais si l’on élargit notre perspective, on observe à partir de cette période que les jours rallongent nettement plus rapidement, que certaines plantes herbacées font leur apparition comme les primevères et que les bourgeons sont formés sur les arbres et attendent des températures plus douces pour éclore.

Le calendrier chinois nous invite à vivre les saisons différemment de notre calendrier, en conscientisant davantage chaque changement, il nous invite à les anticiper pour ne pas faire « d’erreurs » alimentaires ou d’habitudes de vie, pour rester en pleine santé et éviter de nous affaiblir. Ainsi, même au cœur de l’été selon notre calendrier européen, c’est-à-dire au mois d’août, on devrait réduire progressivement toutes les boissons rafraichissantes, tous les fruits et les légumes crus pour commencer à préparer l’entrée dans l’automne. De cette manière, nous n’accumulons pas un excès de froid intérieur qui pourrait provoquer un rhume ou une grippe dès l’arrivée du froid en septembre-octobre.

La plupart des gens prennent des mesures pour s’adapter aux changements de saison un peu tardivement, alors qu’il vaudrait mieux anticiper ces changements le plus tôt possible en adoptant les bonnes habitudes. Par exemple, à l’entrée dans l’automne, selon notre calendrier en Europe, durant le mois de septembre, beaucoup de gens continuent à manger comme ils l’ont fait au cours des deux mois d’été : beaucoup de salades de crudités, de fruits crus, de tomates, d’aubergines, de poivrons, de boissons froides, etc. Ce qui lèse l’énergie de la rate-estomac-pancréas selon la MTC et qui en conséquence va nous déséquilibrer. La conséquence est simple : notre organisme aura des défenses immunitaires plus faibles et aura du mal à s’adapter lorsque les températures vont baisser, entrainant des symptômes tels que nez qui coule, des mucosités abondantes, états grippaux, maux de gorge…

L’intersaison entre l’été et l’automne : ce qui se joue pendant cette période

Il y a deux intersaisons qui requièrent toute notre vigilance, celle entre l’été et l’automne, puis celle entre l’hiver et le printemps. Celle se situant entre l’été et l’automne est cruciale, car comme il a été dit précédemment, c’est au cours de cette période que se jouent les saisons suivantes, dans ce cas : l’automne et l’hiver. Autrement dit ce sont les habitudes vertueuses que nous aurons mis en place pendant cette période d’intersaison qui nous permettront d’éviter de tomber malade ou de souffrir du froid ou de l’humidité. Le changement de température peut parfois être soudain durant les mois de septembre et d’octobre, au cours d’une même journée celles-ci peuvent varier de 20° entre le matin et le soir. Ce qui met notre capacité d’adaptation et nos systèmes de défense à rude épreuve, les plus faibles ne tardent pas à « attraper » un rhume ou une grippe, qui est souvent davantage dû au terrain affaibli, refroidi qu’à une bactérie ou un virus pathogène venant de l’extérieur.

La deuxième intersaison qui requiert toute notre attention est celle entre l’hiver et le printemps, durant la dernière quinzaine de janvier et les 3 ou 4 premiers jours de février. J’ajouterai même qu’il faut maintenir la vigilance pendant tout le mois de février et le mois de mars, car cette période se caractérise généralement par une forte instabilité au niveau des températures et du temps, notre organisme peut être littéralement « secoué » si nous ne sommes pas prêts⋅es, si nous n’avons pas préparé l’arrivée du printemps. Je ne développerai pas plus l’intersaison hiver-printemps puisque ce n’est pas le sujet de cet article.

Comment mettre en application les recommandations de la macrobiotique et de la MTC pour nous maintenir en santé durant cette période ?

Concrètement, du côté de l’alimentation, de la période qui s’étale de la fin de l’été dans notre calendrier (début septembre) jusqu’au milieu de l’automne, c’est-à-dire fin octobre, la macrobiotique comme la MTC nous recommande de manger plus cuit, de prolonger un peu plus les temps de cuissons, de diminuer certains types de cuissons plus Yin (énergie expansive, rafraichissante) comme ébouillanter ou cuire à la vapeur et privilégier des types de cuissons plus concentrés et plus réchauffants comme les Nitsukés (à l’étouffé dans son propre jus), des plats mijotés et des cuissons au four.

Par rapport au choix des légumes, la macrobiotique nous conseille de manger des légumes plus yang lorsque les températures baissent, dès la fin de l’été, par exemple des courges denses comme le potimarron, la butternut, les patidoux ou des courges moins connues comme la kabocha, la delicata ou la Marina di Choggia. Cela peut aussi être des légumes racines comme les carottes, le panais, les racines de pissenlit ou les radis de saison (noirs, daïkon, radis de Chine…).

Quant aux céréales, on peut introduire régulièrement dans nos repas le millet et le sarrasin qui sont particulièrement réchauffantes, plus yang que le riz, l’avoine ou le blé. Ces deux graines, en plus d’être idéales pour s’adapter au froid et à l’humidité de l’automne, offrent beaucoup de possibilités en cuisine, en grains entiers cuits à l’eau, en crêpes ou en pains pour le sarrasin, en croquettes ou en soupe pour le millet. Vous retrouverez un large choix de recettes dans la section « recettes macrobiotiques » de ce blog afin de stimuler votre créativité culinaire et votre envie de cuisiner des aliments sains adaptés à chaque saison.

En parallèle, il est important de diminuer la consommation de fruits et de légumes crus, de salades froides qui vont venir ajouter du froid à notre terrain déjà affaibli (Yin) après l’été où beaucoup d’entre nous ont consommé beaucoup de fruits, de salades froides, de boissons alcoolisées et rafraichissantes, de tomates, de pastèque, de melon, bref des aliments Yin conçues pour nous rafraichir. Je rappelle que ce n’est pas ce que nous mangeons lors d’un repas qui fait la différence, mais bien ce que nous mangeons tous les jours ou très régulièrement. C’est le froid accumulé par la consommation journalière de fruits, de glaces et de salades de crudités en grandes quantités au cours de 3 mois de l’été qui nous rend plus vulnérable aux affections saisonnières.

En macrobiotique comme en MTC, on recommande aussi fortement de boire tous les liquides chauds, que ce soit l’eau, les tisanes ou les soupes. Boire chaud ne signifie pas boire brûlant, simplement autour des 40°, mais pas moins de 35° pour ne pas refroidir l’organisme, car sa température constante étant de 37,5°, tout ce qui entre dans le corps et qui va le refroidir va lui demander de l’énergie pour le réchauffer. Cela peut sembler un détail, mais lorsqu’on cherche à conserver son énergie et sa chaleur interne comme c’est le cas à l’arrivée en automne, ce détail revêt toute son importance.

Côté habitudes de vie saine, je peux vous conseiller :

  • D’adapter son rythme de vie, de ralentir progressivement à mesure que les jours raccourcissent et que les nuits se rallongent, d’effectuer un retour à soi, après l’été durant lequel on est davantage tourné vers le monde extérieur.
  • D’aller se coucher un peu plus tôt qu’au cœur de l’été, vers 22 h 30-23 h.
  • De dîner au peu plus tôt, vers 19 h de manière à laisser environ trois heures s’écouler entre la fin du dîner et l’heure du coucher, ce qui favorisera un sommeil réparateur et de qualité. Dans le cas contraire, le système digestif est sur-sollicité, on va se coucher au milieu d’une digestion et le sommeil n’est pas bon, on se réveille en pleine nuit, on se réveille encore fatigué…
  • De pratiquer des activités physiques douces comme la marche, le vélo pour se balader ou aller faire ses courses, le yoga, le chi-gong ou des pratiques non compétitives comme l’aïkido ou des sports collectifs pratiqués dans un état d’esprit sain, sans chercher à écraser l’adversaire. La pratique d’une activité physique douce d’extérieur permettra d’exposer le corps aux températures variables de l’entrée dans l’automne, éventuellement à la pluie, au vent, ce qui est excellent pour renforcer son système de défense immunitaire et éviter les affections typiques de cette période de l’année.
  • De pratiquer l’accupression, de stimuler des points précis peut nous permettre de soutenir des organes particulièrement exposés ou plus sensibles durant cette période. Les poumons et le gros intestin sont les organes associés à l’automne selon la MTC, il peut être intéressant de s’auto-masser pour soutenir les fonctions et l’énergie de ces organes. Le point 9 du méridien du poumon, le point 4 du méridien du gros intestin et le 36 du méridien de l’estomac sont des points intéressant à masser durant le mois de septembre. (pour en savoir plus, vous pouvez visionner cette vidéo sur la chaine Youtube du centre Tao, très bien faite : https://www.youtube.com/watch?v=v3WsylFg_ZQ&t=1212s

Sur ces quelques pistes de réflexion et ces recommandations, je vous souhaite un bon passage a l’automne (selon notre calendrier…) et j’espère que vous pourrez vous inspirer de quelques uns de ces conseils pour vous maintenir en équilibre et en bonne santé.

Sources :

  • Madame Qi, le buffle jaune et toi, l’énegétique chinoise et la parentalité créative au service du bien-être des enfants et de leurs parents, de Christelle Pernot, Les éditions du Maître du Coeur
  • La Chaine du centre Tao, vidéos de MTC sur Youtube
  • Rosa Tugores, Salud digestiva y Metabolismo, auteure et enseignante de macrobiotique en Espagne, animatrice d’une chaine Youtube sur la santé holistique et la cuisine macrobiotique

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